La croissance bleue, un bon filon pour l'île Maurice

La croissance bleue fait partie des axes majeurs de développement que souhaite mettre en œuvre le gouvernement mauricien. Il y a quelques jours, Sir Anerood Jugnauth, lors de la présentation de son "Economic Mission Statement", a longuement développé les atouts de cette économie. Si l’océan a toujours été perçu comme une source de richesse et d’emplois avec le tourisme et la pêche, il semble que d'autres filières attirent désormais les convoitises mauriciennes.

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Afin de coordonner les initiatives, un Conseil National de l’Océan (National Ocean Council -NOC), a été mis en place. Il sera présidé par le Dr Sudesh Lallchand. Sa mission est de faire de l’économie bleue, une industrie à part entière.

Pour remplir cette mission, le gouvernement mauricien compte mettre en œuvre plusieurs chantiers :

-  agrandir l'infrastructure portuaire avec trois ports de pêche, un port pour bateaux de croisière et un "Shipping Hub",  

- exploiter les filières industrielles comme l’aquaculture, les énergies renouvelables,  la recherche pétrolière et de gaz naturel.

Un immense gisement d'emplois dans différents secteurs

Selon le Dr Sudesh Lallchand, l’économie bleue devrait permettre la création de 25 000 emplois en cinq ans. Les secteurs de la croisière et de la pêche pourraient générer, à court et moyen terme le plus d'emplois.

Actuellement, le gouvernement mauricien est en négociation avec des différents partenaires privés pour agrandir l'infrastructure portuaire de Port-Louis pour être opérationnel d'ici 10 ans. La France, l’Inde et la Chine devraient participer quant à eux au développement des ports de pêche. Des filières de transformation de produits de la mer et de conserveries y seront également construites avec à la clé de nombreux emplois. Par ailleurs, un projet de "Bunkering Hub" (ravitaillement de navires) est à l'étude.  Selon le Dr Sudesh Lallchand, moins de 10 % des navires traversant l’Océan Indien jettent actuellement l’ancre à Port-Louis, soit environ 2 500 sur 35 000 possibles. Le gouvernement de Maurice souhaite voir passer ce chiffre à 7 000 en encourageant la compétitivité entre les opérateurs de produits pétroliers. Un prêt de 250 millions de dollars a été accordé en avril dernier par la Macquarie Bank, une banque australienne basée à Londres, au gouvernement mauricien pour la réalisation de ce "Bunkering Hub".

De la houle aux algues en passant par le pétrole

Les énergies renouvelables sont également des sources d'emplois et de croissance. Ainsi un projet est encours avec la société Sotravic pour pomper l'eau de mer à  plus de 1 000m afin de produire de l’énergie. D'autres projets avec l'énergie houlomotrice sont notamment à l'étude.  Dans le secteur de l'aquaculture, le gouvernement mauricien souhaite attirer des investisseurs étrangers. Plusieurs sites sont déjà ciblés comme ceux  l'élevage de poissons en casiers dans le lagon, des fermes aquacoles,  l'engraissement du thon, la production de coquillages, de crustacés et d'algues.

La recherche pétrolière et de gaz naturel est également au programme car selon des scientifiques russes et indiens, cette zone recèlerait du pétrole.  Actuellement, les Seychelles et le Japon ont d'ores et déjà  conclu un accord pour y  effectuer des recherches pétrolières. Plusieurs firmes internationales ont également montré un intérêt certain pour conduire des prospections  dans les eaux mauriciennes.

Les 2 et 3 septembre, Maurice accueille une Conférence  sur l’économie bleue, la première du genre de l’Indian Ocean Rim Association (IORA). 300 délégués de 26 pays de l’IORA sont attendus. Cette conférence est axée sur quatre thèmes : la pêche et l’aquaculture,  l’énergie océanique renouvelable,  les ports et le transport maritime et enfin  l’exploration du fond de mer et les minéraux.

http://www.iorabec.net/